Quels enseignements tirer du Baromètre vélo 2025 en matière de stationnement à Mâcon ?

Ce premier article débute une série qui propose d’analyser en profondeur les données recueillies lors du baromètre, en les confrontant aux observations de l’association Mâcon vélo en ville. Objectif : mieux cerner les attentes des cyclistes afin de formuler des propositions concrètes aux élus locaux.

Un critère déterminant pour les usagers : le STATIONNEMENT 

Pour les répondants au Baromètre vélo 2025, le stationnement constitue le troisième levier prioritaire pour améliorer la pratique du vélo. Un constat sans surprise : l’absence d’infrastructures adaptées et sécurisées reste un frein majeur, notamment en raison du risque de vol.

Une offre en progression… mais mal perçue

Les témoignages recueillis pointent un manque de stationnements, en particulier dans l’hyper-centre. Pourtant, ces dernières années, la municipalité a augmenté le nombre d’arceaux, en lien avec une dotation de MBA et en concertation avec Mâcon vélo en ville.

Certains secteurs demeurent certes insuffisamment équipés — comme le bas de la place aux Herbes, la place Poissonnière ou encore la rue Franche. Mais globalement, de nombreux aménagements ont été réalisés.

Ce décalage entre perception et réalité s’explique par plusieurs facteurs :

  • Une visibilité insuffisante : installés en petits groupes, parfois dissimulés ou mal signalés, les stationnements passent inaperçus. Certains sont cachés derrière du mobilier urbain ou peu identifiables en raison de leur couleur et du manque de signalétique.

  • Une saturation rapide : ces petits ensembles sont vite occupés aux heures de pointe, sans indication d’alternatives à proximité.

  • Une communication perfectible : les nouveaux abris sécurisés, notamment en centre-ville, restent sous-utilisés faute d’information suffisante auprès des habitants. L’abri de l’esplanade Lamartine, pourtant stratégique, est par exemple difficilement visible, et inaccessible lors du marché. 

  • Des usages détournés : certains emplacements sont occupés par des deux-roues motorisés, empêchant les cyclistes de s’y garer, révélant un besoin de clarification des usages. 

Notre PROPOSITION : une cartographie pour mieux orienter les usagers

Pour répondre à ces enjeux de visibilité et de saturation, une cartographie des stationnements a été réalisée sur OpenStreetMap  (https://www.openstreetmap.org/#map=18/46.303875/4.831922&layers=Y), en partenariat avec les services municipaux. Elle recense les équipements de Mâcon, mais aussi de Charnay et Hurigny.

Cet outil devrait prochainement être décliné en carte interactive à destination du grand public. Par ailleurs, l’installation de QR codes sur certains arceaux et lieux stratégiques est envisagée afin de faciliter l’accès à l’information en temps réel.

Le baromètre a révélé d’autres enjeux qui rejoignent en partie les 1ers.

  • Des inégalités territoriales marquées

Le Baromètre met également en évidence de fortes disparités selon les quartiers. Les zones populaires de la périphérie mâconnaise apparaissent particulièrement mal équipées. Les rares contributions issues de ces secteurs soulignent un double problème : une pratique du vélo limitée et un manque de stationnement sécurisé résidentiel. Dans ces conditions, l’usage du vélo devient contraignant, voire impossible au quotidien. Certains témoignages sont explicites : dans le quartier des Blanchettes, « beaucoup de gens n’ont pas de voiture », mais « le vélo est à la fois utile et impossible car on ne peut pas le garer en rentrant chez soi ».

  • Des équipements publics inégalement dotés

Si certains lieux, comme la piscine ou le cinéma, disposent d’aménagements satisfaisants, d’autres accusent un retard notable. Le complexe sportif des Saugeraies ne propose aucun arceau, tandis que la médiathèque en offre un nombre insuffisant. Le manque d’abris couverts est également pointé. Des solutions simples pourraient être envisagées, au cinéma en particulier avec l’installation de stationnements dans le parking en sous-sol Les zones commerciales, notamment autour de Boulanger et Cultura, souffrent, elles aussi d’un déficit d’infrastructures adaptées.

  • La question encore sensible des gares

À la gare TGV de Mâcon-Loché, des arceaux ont bien été installés récemment, mais ils ne répondent pas aux besoins : ni abrités ni sécurisés, ils sont peu adaptés à des stationnements de longue durée.

À la gare de Mâcon-Ville, la situation s’est améliorée avec la mise en service, en février 2026, d’un grand abri vélo éclairé et placé sous vidéosurveillance. Très fréquenté, il répond en partie à la demande. Mais des difficultés persistent. L’abri sécurisé par badge, mis en place par la Région, est saturé et sujet à des dysfonctionnements. Cet hiver, il est resté inaccessible plusieurs jours, laissant des vélos bloqués à l’intérieur, sans solution rapide et fiable pour les usagers. D’autres limites sont signalées : une incompatibilité avec les vélos cargo et une ergonomie parfois difficile, notamment pour les stationnements en hauteur.